Par Amour... extrait 2

Voici le deuxième extrait de Par Amour...

La scène se passe le lendemain du contact à la bibliothèque. Rachel est arrivée en retard à un TD et a demandé ses notes à Benjamin, qu'elle avait reconnu reconnu. Et, au moment de rendre ses notes à Benjamin : 

Heureusement que l'informatique est une matière facile pour moi. En fait, je me demandais même pourquoi j'allais aux cours, je n'y avais aucun intérêt, d'une part parce que Rachel n'allait pas à ce cours-ci, d'autre part parce que j'aurais pu donner des cours au professeur, tant il n'avait rien à m'apprendre.
Je fus dans la lune tout le long du cours, je me fis même reprendre par le professeur, et je faillis bien ficher en l'air pour de bon ma couverture en lui répondant vertement. Je pensais trop à Rachel.
À la fin du cours, je me précipitai à l'extérieur, autant pour éviter de me faire alpaguer par le professeur que pour ne pas faire attendre Rachel. J'espérais qu'elle soit là. Tout en me morigénant, j'avais envie de la voir, de lui parler. Je me berçais plus ou moins d'illusion, me disant que c'était juste pour comprendre mon trouble.
Elle était là. Quand elle me vit, elle m'adressa un grand sourire. Sans vraiment le vouloir, je lui rendis son sourire. Elle me tendit mes feuilles.
« Encore merci, me dit-elle.
- Vraiment pas de quoi, fis-je en haussant les épaules. Pour ce que ça m'a coûté.
- Oh, je ne faisais pas seulement allusion aux notes, mais aussi au petit déjeuner. Sans rire, pourquoi tu as fait ça ?
- Parce que maintenant, il faut se justifier quand on est serviable ? demandai-je, pince-sans-rire.
- Mais non ! protesta Rachel. Seulement, tu ne me connais pas, on a à peine échangé quelques mots ensemble, et tu m'offres mon petit déjeuner, alors j'aimerais savoir où tu veux en venir. »
Je n'en croyais pas mes oreilles ! Elle pensait que je la draguais !
« Écoute, tu n'y es pas du tout, dis-je. En fait, tu m'as fait rire avec ta façon de déclamer, et j'ai trouvé assez drôle de t'apporter ce que tu demandais, rien de plus.
- C'est tout ? demanda Rachel, incrédule. J'ai du mal à te croire.
- Je n'ai pas souvent l'occasion de faire plaisir aux gens, je suis quelqu'un de solitaire...
- J'avais cru remarquer, hier, à la bibliothèque, glissa Rachel.
- ...et puis cela m'a permis de racheter un peu mon comportement pas très aimable d'hier, justement. »
Mais dans quoi m'étais-je fourré ! Maintenant, elle croyait que je la draguais, et mes explications embarrassées ne la convainquaient pas, loin de là même. Rachel affichait toujours un air dubitatif, et plus j'en disais, moins elle me croyait. Je finis par me vexer pour de bon.
« Si tu t'imagines que c'était une tentative de drague, libre à toi, je ne peux pas penser à ta place. Maintenant, je t'ai dit la vérité, j'avais juste envie de te faire plaisir.
- Je ne vais pas avaler cette couleuvre si facilement, lâcha Rachel avec un froncement de sourcil.
- Tu fais ce que tu veux, mais personnellement, j'ai pas mal de choses à faire chez moi ce soir, et il me semble que tu as dit que tu avais un TD à quinze heures. Sur ce, à bon entendeur, salut. »
Et je la plantais là. Une tentative de drague. Non mais qu'est-ce qu'elle s'imaginait. Cela dit, c'était bien fait pour moi. Je n'aurais pas dû lui offrir ce café ce matin. Du coup, maintenant, j'étais furieux après elle, et après moi.
Rentré chez moi une demi-heure plus tard, j'avais fini par me calmer. Il faut prendre les choses avec philosophie. Maintenant que nous étions en froid, elle allait peut-être me ficher la paix. Elle ne me parlerait plus, c'était sûr, vu comment je l'avais plantée tout à l'heure, et j'avais moi-même une bonne raison de ne plus vouloir lui parler.

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