L'ombre et la lumière T1 extrait 2
Deuxième extrait de L'ombre et la lumière T1 : les guerriers de l'ombre.
Owen, parti faire une course, rencontre un membre de la résistance. Ce dernier lui fait une importante révélation.
« Pss, Owen, par ici », fit une voix, en bascom.
Intrigué, le jeune homme s'arrêta et regarda dans la ruelle d'où provenait la voix. Elle était sombre, mais Owen pouvait nettement distinguer une silhouette à demi dissimulée derrière une caisse.
« Owen, approche-toi vite, avant qu'un soldat ne vienne fourrer son nez par ici, insista la voix.
- Que me voulez-vous ? demanda Owen, bien décidé à ne pas s'aventurer dans ce recoin à l'écart.
- Il faut que je te parle de ta mère », dit la voix.
Intrigué, Owen fit un pas dans la ruelle, puis s'interrompit. Et si c'était un piège ?
« Je ne peux pas faire confiance à quelqu'un qui se cache, lança-t-il. Montrez-vous ! »
La silhouette sortit de sa cachette, et Owen put voir un homme âgé d'une cinquantaine d'années, de grande taille, solidement bâti, les cheveux bruns longs noués sur la nuque. L'homme arborait une barbe de plusieurs jours, une cicatrice était nettement visible sur sa pommette droite, et ses yeux noirs semblaient ne jamais rester immobiles plus d'une demi-seconde, courant d'Owen à la rue principale, revenant vers Owen, scrutant les façades des immeubles alentour.
« Tu es satisfait ? demanda l'homme. Alors dépêche-toi, je prends un gros risque en te parlant ici. »
Owen se décida. L'homme avait effectivement l'air de craindre quelque chose, mais Owen n'avait jamais entendu dire que des humains avaient attaqué d'autres humains, aussi supposa-t-il qu'il ne courait aucun danger.
« Que me voulez-vous ? demanda encore Owen.
- Je te l'ai dit, il faut que je te parle de ta mère, et aussi de ton père par la même occasion.
- Je vous écoute.
- Tout d'abord, sache-le, je fais partie de la Résistance.
- Quoi ! s'exclama Owen. Comment êtes-vous arrivé jusqu'ici ?
- Peu importe. Par contre, tu seras sans doute heureux d'apprendre que je fais partie du groupe qui t'a sauvé la vie quand tu n'étais qu'un nourrisson.
- Comment cela ? De quoi parlez-vous ?
- Il y a presque vingt-trois ans maintenant, nous avons aidé ta mère à se cacher jusqu'à son accouchement. Elle avait ''fraternisé'' avec un apien, son maître en l'occurrence, et s'était retrouvée enceinte. Malheureusement pour elle et pour son maître, qui l'aimait, leur histoire s'est sue, et ils ont été traqués par les soldats. Ils devaient être traduits devant une cour de justice et condamnés à mort pour avoir eu des relations intimes prohibées.
- Quoi ? Vous vous fichez de moi ?
- Non, mon gars. Le maître de ta mère s'est fait prendre presque tout de suite, car il n'a pas cherché à fuir, mais ta mère a réussi à nous contacter, et nous l'avons aidé dans sa cavale jusqu'au moment de l'accouchement. Tu es né, ainsi que ta sœur jumelle, le 08 Dostina* 2694, selon le calendrier apien.
- Vous dites n'importe quoi ! rétorqua Owen. Je n'ai pas de sœur !
- Évidemment, tu ne peux pas le savoir, elle est morte quelques heures après votre naissance. As-tu saisi l'importance de ce que je viens de te dire ? Ton père était un apien, ce qui signifie que tu es hybride !
- Oh oui, j'ai effectivement l'air très hybride, railla Owen, sarcastique. Hybride humano-humain, peut-être ?
- Tu trouves normal d'avoir l'ouïe aussi fine ? demanda l'homme. D'avoir une vue si perçante, y compris la nuit ? Cela fait un moment que nous te suivons, jeune coq ! Mais tu veux une preuve ? Mets donc ta carte d'identité dans cet analyseur d'A.D.N., et tu verras. »
Owen fit ce que lui demandait l'homme, le sourire aux lèvres. Il n'avait jamais entendu pareille stupidité ! L'unité d'analyse était standard, aucune modification n'était possible, car le disque dur contenant les programmes était verrouillé contre l'écriture. L'appareil se contenterait de lire les données A.D.N. inscrites sur son badge et le résultat serait fiable. Quelques minutes plus tard, l'unité signala la fin de son travail d'un bip discret. L'analyse s'afficha, et Owen en resta bouche bée. L'homme avait raison, il avait 43 % d'A.D.N. apien !
Owen dut s'appuyer sur le mur pour se ressaisir.
« Alors, jeune coq ? Je raconte des craques ? demanda l'homme avec un sourire goguenard.
- Non, je vous crois. Mais si c'était juste pour me dire ça, je m'en serais bien passé.
- Ça, ce n'est que le début de ce que j'avais à te dire. Sais-tu pourquoi les apiens ont interdit les relations intimes entre humains et apiens ?
- Pour préserver la pureté de leur race, répondit Owen.
- Ça, c'est le discours officiel. La vraie raison est que, par un phénomène que personne ne peut encore expliquer, les hybrides développent des capacités un peu particulières, dont les apiens ont peur.
- Quelles capacités ? Je n'ai aucune capacité particulière, moi, protesta Owen.
- Parce que tu n'as pas encore eu l'occasion de t'en rendre compte. Et nous-mêmes, nous ignorons sous quelles formes ces capacités se présentent. Nous savons juste que cela a quelque chose à voir avec les molécules, mais c'est tout.
- Eh bien, merci pour toutes ces révélations ! lança Owen, ironique. Avec tout cela, je vais pouvoir faire de beaux rêves !
- Owen, il faut que tu rejoignes la Résistance. Tu serais un atout pour nous.
- Il est hors de questions que je rejoigne un groupe de terroristes, lâcha Owen avec une moue de dégoût.
- Et si tu écoutais un peu ce qu'en disent les humains, au lieu de te fier à la propagande gouvernementale apienne ? s'exclama l'homme avec colère. Nous n'avons jamais visé des cibles civiles. Nous ne nous attaquons qu'aux militaires et aux esclavagistes ! Alors, ne m'insulte pas en me traitant de terroriste !
- Peu m'importe ! Je suis très content de ma vie, je n'ai pas l'intention de la ficher en l'air pour un mouvement qui de toute façon ne sert absolument à rien ! Il y a toujours autant d'esclaves, Providence est toujours sous blocus apien, et les humains libres n'ont presque aucun droit ! Alors, expliquez-moi à quoi vous servez ?
- On sert par exemple à sauver des nourrissons qui auraient été exterminés sans pitié si nous n'avions pas été là, rétorqua froidement l'homme. Tu oublies que la petite vie qui te convient si bien, c'est à nous que tu la dois. »
Alors ? Ça vous intrigue ? Un peu plus ? Voici la suite :
Extrait n° 1
Extrait n° 3
Extrait n° 4
Extrait n° 5
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