L'ombre et la lumière T1 extrait 3
Troisième extrait de L'ombre et la lumière T1 : les guerriers de l'ombre.
La Résistance s'apprête à lancer une opération pour libérer des esclaves sur Ape.
Cette opération, bien que n'ayant pas a priori une importance fondamentale, marque un tournant, en ce sens où les résistants attendent depuis quatre cents ans de pouvoir frapper.
L'assemblée se rassit d'un seul mouvement. Un silence attentif succéda. L'Amirale Delenko balaya la salle du regard, et l'ombre d'un sourire passa fugitivement sur son visage.
« Mesdames et Messieurs, commença-t-elle. Depuis trop longtemps, nous subissons le joug des tyrans apiens, nos frères sont réduits en esclavage sur Ape, et sur Providence, les humains ne sont même pas libres de vivre comme bon leur semble. Notre mouvement cherche depuis quatre cents ans le moyen de libérer nos frères opprimés. Aujourd'hui enfin, nous avons la possibilité de marquer des points contre l'oppresseur. Chacun des groupes dont vous faites partie a reçu il y a plusieurs semaines des instructions pour les préparatifs de la mission qui nous occupe. Les rapports, centralisés par le Colonel Kelko, montrent que désormais, nous sommes prêts ! »
Une salve d'applaudissements ponctua cette entrée en matière. La fierté se lisait dans tous les regards. L'Amirale Delenko sourit, puis leva la main pour réclamer le silence.
« Colonel Kelko, voulez-vous exposer les caractéristiques de la mission ?
- Avec grand plaisir, Amirale. Bien, reprit-il après s'être éclairci la voix, pour cette mission, nous avons décidé de prendre quelques précautions offensives, c'est pourquoi la ''flotte'' sera composée d'un croiseur, d'une frégate, et de deux corvettes. Il s'agira respectivement du Corey Asson, du Vaillant, du Sagittaire, et du Baroudeur. Trois navettes de dix places descendront vers Ape et se poseront au pôle Sud de la planète. De là, un groupe de commandos se portera au contact des travailleurs humains, neutralisera les techniciens apiens et tous les humains embarqueront à bord des trois navettes. Concernant les détails techniques, l'ingénieur Nyla, qui connaît les systèmes informatiques apiens, forcera les codes de sécurité des satellites de notre zone de débarquement afin de créer un effet miroir qui masquera nos navettes. Une fois sur place, les commandos, en tenue de camouflage, approcheront discrètement des apiens et les neutraliseront en les assommant à l'aide de simples bâtons. Enfin, les commandos et les esclaves libérés embarqueront à bord des navettes, qui regagneront le Corey Asson, l'ingénieur Nyla rétablira les connexions normales des satellites, et nous rentrerons chez nous, ni vus, ni connus. Des questions ? Des commentaires ? Des critiques, peut-être ? »
Les personnels des différentes catégories échangeaient des regards étonnés. Le compartimentage des informations avait été tel que chacune des différentes sections ignorait tout de ce que devait faire les autres, et le plan d'ensemble ainsi exposé en avait surpris plus d'un. Le chef de la section de commandos retenue pour la mission, un Lieutenant filiforme, leva la main. Le Colonel le désigna d'un geste. Le soldat se mit au garde-à-vous et se présenta :
« Lieutenant Marchal Philippe, chef de l'escouade 4 des commandos, mes respects, Amirale. Je souhaiterais juste avoir des précisions sur un détail : pourquoi trois navettes ? Il me semble que nous avons des navettes de plus grandes capacités qui nous éviteraient d'avoir à mobiliser trois appareils.
- C'est pertinent, convint le Général Sanchez. Cependant, cette solution a été écartée en raison du trop grand risque qu'elle représente. Non seulement une navette de plus grande taille risquerait d'être vue à l'œil nu de plus loin, mais en plus, si un problème survient concernant la navette seule, c'est toute la mission qui est compromise. Avec trois navettes, s'il y a un problème technique quelconque, cela ne gênera qu'une partie du groupe. D'autres questions ?
- Major Ravintaj Divyhan, pilote de la navette Alpha pour cette mission, se présenta un autre soldat après avoir eu la parole. Au risque de paraître stupide auprès de l'État-Major et des Commandos, pourquoi assommer les apiens avec des bâtons alors qu'on pourrait utiliser les pistolasers à distance ?
- Ce n'est pas une question stupide, et ce point a longuement été débattu, je ne le cacherai pas, répondit le Général Yim. Il est vrai que la solution choisie augmente sérieusement les risques de se faire repérer par les techniciens apiens. Cependant, nous avons considéré que l'utilisation de simples bâtons rendrait crédible une révolte des esclaves seuls, et masquerait notre venue. Je sais, je sais, ajouta le Général alors qu'un murmure de protestation parcourait la salle, tout le monde voudrait que notre action soit portée à la connaissance de tous sur Ape, afin que les bourreaux sachent qu'ils doivent désormais compter avec nous. Mais comme il reste un risque de détection, après-coup, de l'intrusion de l'ingénieur Nyla dans le réseau des satellites, nous avons jugé préférable de favoriser une action discrète, qui fera de toute façon réfléchir les apiens, dans ce sens où ils ne sauront jamais avec exactitude ce qui s'est passé.
- Général Riekan Slieg, commandant du Corey Asson. En somme, toute la mission repose sur les épaules de ce jeune homme, fit-il en désignant Owen du pouce.
- Pas toute la mission, rectifia l'Amirale Delenko, mais il est vrai que si l'ingénieur Nyla ne parvient pas à forcer le réseau des satellites, toute la mission tombe à l'eau. »
Tandis qu'un nouveau murmure parcourait la salle, Owen leva la main. Berryl le vit et lui donna la parole. Le jeune homme déglutit et se leva.
« Ingénieur Nyla Owen, chargé du piratage du réseau des satellites apiens. Beaucoup l'ignorent sans doute, mais j'ai eu la chance de suivre des études apiennes ''à distance'', jusqu'au niveau d'ingénieur. Les cours que je suis ont l'avantage d'être dispensés sur des supports indépendants, ce qui me permet de suivre mes cours dans l'ordre qu'il me plaît. Ces derniers temps, je me suis donc consacré presque exclusivement au programme d'informatique, que j'ai fini. J'ai ensuite partagé les connaissances acquises avec d'autres techniciens, et en particulier avec les programmeurs, qui m'ont confirmé que le niveau informatique des apiens était, dans le domaine de la sécurité informatique, en tout cas, bien plus faible que celui des humains. Donc, et même si je vais paraître présomptueux en disant cela, le piratage du réseau ne posera aucun problème. Ainsi que je l'avais dit lors de la réunion préparatoire, la seule chose que je ne peux pas garantir, c'est qu'ils ne découvriront pas de traces de mon passage après-coup. Mais, je le répète, le piratage du réseau en lui même ne posera aucun problème.
- Et c'est cette incertitude qui motive la discrétion que nous voulons employer, ajouta l'Amirale Delenko, et cela afin de ne pas risquer de perdre notre voie d'accès à Ape. J'ai beau ne pas être ingénieur, je me doute que si les minous découvrent l'intrusion de l'ingénieur Nyla, ils sécuriseront l'ensemble de leurs systèmes informatiques, nous privant d'un nombre considérable d'occasions de frapper. D'autres questions ? »
Personne ne reprit la parole. Les membres de l'État-Major se regardèrent puis, sur un signe de l'Amirale Delenko, l'officier chargé du protocole annonça :
« Tous les personnels sont priés de gagner leurs sections d'embarquement, de procéder au contrôle du matériel et à son embarquement. Vous vous tiendrez ensuite prêts à embarquer sur ordre. Pour l'ensemble, fixe ! » L'État-Major se leva et quitta la salle de briefing. « À vos services. » ajouta l'Officier en saluant.
Allez, encore deux extraits pour la route :
Extrait n° 1
Extrait n° 2
Extrait n° 4
Extrait n° 5
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