L'ombre et la lumière T1 extrait 4
Quatrième extrait de L'ombre et la lumière T1 : les guerriers de l'ombre.
Les commandos se sont infiltrés sur Ape. Ils mettent leur plan à exécution.
« Okay, les gars, c'est à nous de jouer, maintenant, fit le Lieutenant Marchal à ses hommes. Souvenez-vous, limitez les communications verbales ou radios au strict minimum. On repère les Minous, on les contourne, et on les assomme par-derrière. Il ne faudrait pas qu'ils se rendent compte qu'on n'est pas des esclaves. Des questions ? Non ? Alors on y va ! »
Le groupe de commandos prit place dans des aéroglisseurs basiques et se mit en route dans le froid glacial. Fort heureusement, la date choisie par les apiens facilitait également la tâche des soldats résistants, car c'était une période où les tempêtes étaient rares, et il régnait un froid sec, mais supportable.
Les aéroglisseurs permettraient de faire les cinquante kilomètres qui les séparaient du point de contact en un peu plus d'une heure, mais il faudrait compter le double au retour, à cause du poids supplémentaire.
Arrivés à destination, les commandos s'allongèrent dans la neige et scrutèrent les alentours avec leurs jumelles électroniques. Rapidement, ils repérèrent des silhouettes qui s'affairaient autour de divers instruments et machines. Les deux techniciens apiens furent identifiés grâce à leurs combinaisons de protection, très différentes des lainages que portaient les humains.
Le Lieutenant Marchal donna ses ordres en quelques signes explicites, et les commandos se scindèrent en deux groupes, chacun partant de son côté. La chance voulue que le temps se couvre légèrement, ce qui diminua la luminosité déjà faible. Les irrégularités de terrain, assez nombreuses, offrirent des abris aux commandos, qui progressaient de bosses en creux, se rapprochant pas à pas de leur objectif.
Les techniciens apiens, toujours aussi nerveux, s'efforçaient de maintenir l'ensemble des humains dans leur champ de vision, afin de ne pas risquer d'être surpris. C'était le conseil fort judicieux que leur avait donné le Capitaine Borann. Et de fait, il semblait bien que certains des esclaves avaient eu des velléités de rébellion, avortées par l'impossibilité d'attaquer par-derrière.
L'un des deux techniciens, aux sens particulièrement aiguisés, sursautait au moindre craquement, au point d'agacer son coéquipier.
« Arrête, à la fin ! gronda-t-il comme l'autre venait de se retourner brusquement. Ils sont devant nous ! À force, tu vas finir par me rendre nerveux.
- Tu l'es déjà ! Tu n'entends pas ton propre vibrato ?
- Regarde devant ! C'est là qu'est le danger. »
C'était une erreur. À peine avait-il prononcé ces mots qu'un fort gourdin s'abattait sur sa tête. Son collègue subit le même sort au même moment. Les deux apiens s'écroulèrent dans la neige, sans connaissance.
Le mouvement brusque et le bruit avaient attiré l'attention des esclaves. Ils écarquillèrent les yeux de surprise en voyant le groupe de commandos qui leur faisait des signes amicaux.
Après avoir échangé des regards circonspects avec ses compagnons d'infortune, Joune s'avança vers les commandos.
« Bonjour, fit-il, je m'appelle Joune. Vous êtes des résistants ?
- Affirmatif ! Je suis le Lieutenant Philippe Marchal, chef de cette section commando et nous sommes venus pour vous délivrer.
- Pour aller où ? demanda Almos, le Lonss.
- Ailleurs, répondit le Lieutenant avec un sourire entendu. Dans un endroit où il fait bon vivre, où il n'est pas question d'être un esclave, et où il n'y a pas de apiens.
- Vous avez les moyens de nous faire quitter la planète ?
- Oui. Nous avons des navettes qui nous attendent pour nous transporter jusqu'à un vaisseau en orbite.
- Et que comptez-vous faire pour les techniciens ? demanda Malek.
- Quand ils se réveilleront, ils croiront avoir été attaqués par l'un d'entre vous, mais vous ne serez plus là pour rendre des comptes.
- Et vous comptez faire comment pour leur faire avaler ça ? Parce que vous pensez bien que les soldats vont intervenir, et s'ils nous cherchent, ils verront bien qu'il y a des empreintes en trop...
- Nous avons un plan pour cela, mais il ne faut pas perdre de temps. Cissoko, Devein, Hamphik, Sandust, cria Marchal à l'attention de quatre de ses commandos. Trouvez parmi les ex-esclaves des gars qui ont la même pointure et le même gabarit, et échangez vos chaussures.
- À vos ordres, Lieutenant ! » répondirent en chœur les quatre soldats.
Le plan des commandos était assez simple. Il consistait à faire faire un grand tour au groupe d'esclaves de manière à éloigner leurs traces de pas du chemin direct vers les navettes. Ensuite, ils monteraient dans les aéroglisseurs et regagneraient les transports, en comptant sur les conditions climatiques pour estomper leurs empreintes. Ainsi quand les apiens arriveraient au bout de la piste, ils penseraient simplement que le vent avait effacé les traces. Pendant ce temps, le reste du groupe de commandos, avec les quatre esclaves ayant échangé leurs chaussures, se rendrait directement aux navettes en effaçant les traces faites à l'aller par les commandos.
Ce plan était effectivement très simple, et si les techniciens se réveillaient trop tôt, il n'y avait pas vraiment de plan B. Le Lieutenant Marchal était inquiet sur ce point, et il houspillait ses hommes pour qu'ils se dépêchent d'effacer les traces de leur mouvement tournant.
« Ça ne marchera pas, fit Joune pensivement.
- Quoi donc ? s'enquit le Lieutenant Marchal tandis qu'il surveillait les manœuvres de ses hommes.
- Effacez vos traces. Avec leur vue, les apiens verront que certaines traces ont été effacées, et forcément, ils vont se demander pourquoi certaines, mais pas toutes.
- C'est un problème auquel nous n'avions pas pensé. Vous dites qu'ils pourront voir que des traces ont été effacées ?
- Sans aucun doute.
- Dans ce cas, on va faire autrement. Section commando, au rapport ! » Les neuf commandos se présentèrent devant leur officier. « Modification du plan. On efface toutes les traces, y compris celles de nos amis. Ensuite, le groupe qui partira sur la fausse piste, vous effacerez vos traces derrière vous, mais grossièrement. Tâchons également de bien nettoyer la zone d'embarquement sur les aéroglisseurs, histoire qu'ils ne soupçonnent rien. Pereira, allez voir comment se portent les Minous, il ne faudrait pas qu'ils se réveillent en plein milieu de nos festivités. »
Aussitôt dit, aussitôt fait, les commandos se remirent au travail. Ce changement de plan rendait les choses plus faciles, et le travail avançait vite.
« Monsieur, appela Pereira, nous avons un problème avec les Minous.
- Ne me dites pas qu'ils se sont déjà réveillés ! s'inquiéta le Lieutenant Marchal en se retournant brusquement.
- Y'a pas de danger que ça arrive, Lieutenant. Ils sont morts, tous les deux.
- Quoi ! Comment ? demanda Marchal tandis que les esclaves échangeaient des regards inquiets.
- Il semble qu'en les assommant, on ait endommagé le système de réchauffement de leur combinaison. Avec le froid qu'il fait et leur peu d'endurance aux basses températures, ajouté au fait qu'ils étaient inconscients, ils sont morts de froid.
- Ça, ce n'était pas prévu au programme, grommela le Lieutenant Marchal, mais au moins, on est sûr qu'ils ne vont pas se réveiller maintenant.
- Ce n'est pas pour ça qu'il faut traîner, intervint Joune, l'air inquiet. Le Capitaine Borann et ses hommes peuvent très bien appeler pour savoir comment avance la réparation. Ils ont appelé tout à l'heure pour savoir si l'on était en place. Cela peut se reproduire, surtout s'ils trouvent le temps long.
- Ne vous inquiétez pas, je n'ai pas l'intention de m'attarder. On court le risque de se faire repérer si l'on reste trop longtemps. »
Ça vous plaît ? Oui ? Un petit dernier ?
Extrait n° 1
Extrait n° 2
Extrait n° 3
Extrait n° 5
Retour à la page principale
