L'ombre et la lumière T3 extrait 1
Premier extrait du Tome 3. Il s'agit du début du chapitre 2, qui montre la course à l'armement engagée par les deux camps.
Dans chaque camp, c'était la course à la production militaire et au recrutement.
Sur ce dernier point, les apiens avaient un net avantage. C'est ainsi que des centaines
de jeunes apiens, mâles et femelles, s'engagèrent sur la base de contrat de trois ans,
grande nouveauté pour l'armée apienne pour qui un engagement devait être définitif.
« Nous n'aurons pas besoin d'une armée conséquente durant trente ou quarante ans, avait
argumenté l'Amiral Erke devant l'Assemblée. Un contrat provisoire permettra un engagement
sur la base du volontariat sans pour autant nous obliger à rémunérer des troupes devenues
inutiles dans peu de temps, et cela évite également de lancer une mobilisation obligatoire.
C'est un bon compromis, il me semble.
- Trois ans, cela me paraît un peu juste comme durée, fit pensivement Mani Efa, présidente
du Conseil des Cinq ce jour-là.
- Cela me paraît long, à moi, contra Mone Actus, un député ultra-sécuritaire. Il ne nous
faudra pas trois ans pour écraser la vermine humaine, ajouta-t-il d'un ton méprisant.
- Ou alors, c'est le temps qu'il leur faudra à eux pour nous écraser, rétorqua Mone Darelyn,
un député centriste connu pour son pessimisme. Rien ne permet d'affirmer que nous gagnerons.
Les humains ont plus de ressources que ce que nous avons toujours cru, et il me paraît évident
qu'ils sont mieux préparés que nous à cette guerre.
- Une guerre que nous avons déclenchée, rappelons-le, intervint Mani Sonja, une jeune députée
abolitionniste. Il est peut-être encore temps de renoncer à cette folie et de négocier la paix
entre nos deux peuples...
- Foutaises que tout cela ! s'écria Mone Dymo. La guerre, ce sont les humains qui l'ont commencé
lorsqu'ils ont entrepris leurs actes de terrorisme, puis encore avec l'attaque sur les barrières
climatiques. Faut-il vous rappeler le nombre de victimes qu'ils ont causé à cette occasion ? Non,
Mones et Manis, il n'y a aucune paix à négocier avec la vermine humaine, et quand nous en aurons
fini avec leurs résistants, nous nous occuperons des humains qui envahissent notre planète et nous
nous débarrasserons également des providenciens !
- Mani Efa, je proteste ! s'exclama Mone Gobal. Mone Dymo, tout membre du Conseil qu'il est, n'a
pas à tenir ce genre de propos ! Chacun de ces points devra faire l'objet d'un vote de l'Assemblée,
au moment où ils devront être discutés, pas avant !
- Je suis d'accord, approuva la présidente. Mone Dymo, vous pouvez vous permettre ce genre de
sortie lorsque vous êtes président du Conseil, mais pas avec moi, est-ce clair ? »
Ainsi interpellé, le conseiller opina du bonnet, maîtrisant mal les ondes de colère et de
frustration qui montaient malgré lui de son vibrato.
Les contrats militaires furent entérinés par l'Assemblée et c'est ainsi qu'un grand nombre
de volontaires se présenta, ces jeunes gens étant persuadés qu'ils pourraient reprendre le cours
de leur vie après s'être auréolés de gloire.
Du côté des humains, c'était un nouveau genre de bâtiment de guerre qui suscitait l'émotion :
le transporteur d'escorte. Les ingénieurs et les officiers supérieurs avaient depuis longtemps
réfléchi au problème que posait le manque de chasseurs stellaires, et finalement, les longues
séances de brainstorming débouchaient aujourd'hui sur des vaisseaux conçus uniquement pour être
des hangars autonomes. Équipements minimalistes, équipages minimalistes, l'essentiel du tonnage se
composait des moteurs et des zones de chargement des chasseurs. Six cents mètres de long, cent
cinquante de large, et soixante de haut, huit ponts d'envol répartis sur quatre étages, une capacité
maximale de quarante escadrons. Si l'on écartait les pilotes, les officiers et les mécaniciens des
escadrons, le personnel de bord n'atteignait même pas la cinquantaine... Grâce aux R.A.C.
Le déploiement des robots, ainsi que de leur équivalent civil, se poursuivait, et toujours plus
de personnel militaire pouvait enfin être affecté à des tâches pour lesquelles il avait été formé.
En seulement cinq mois, c'était plusieurs centaines de personnes qui avaient rejoint des postes plus
purement militaires, réparties sur d'anciens bâtiments ou sur de nouveaux tout juste sortis des
chantiers navals.
L'Amirale Delenko s'arracha à la contemplation du transporteur d'escorte et consulta les données
chiffrées qu'on lui avait remises quelques heures plus tôt. Un sourire carnassier se dessina sur
son visage : il était temps de porter le premier coup à ces arrogants apiens.
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