L'ombre et la lumière T2 extrait 2

Deuxième extrait : une nouvelle opération commando... Attention : danger !

Les apiens n'avaient toujours pas compris que les résistants avaient un niveau technologique équivalant au leur, aussi continuaient-ils à utiliser des moyens inefficaces pour sécuriser les barrières climatiques. Cependant, les commandos étaient conscients - et Owen plus encore - que l'acuité auditive et visuelle des minous ne se laisserait pas abuser par un bouclier occulteur. Le silence absolu était donc de rigueur : le moindre bruit suspect inciterait un apien à utiliser sa vision thermique et comme le dispositif absorbait la lumière, mais ne masquait pas la chaleur dégagée par les corps, ils seraient vite découverts.
Les commandos, répartis en binômes, s'infiltrèrent sur Ape par ses deux pôles. Ils avaient dix objectifs à couvrir dans la nuit. Owen se greffait en numéro trois sur l'équipe prévue pour l'élevage de Uthil.
La situation périphérique des cibles facilita grandement l'opération. De son côté, Owen utilisa ses pouvoirs pour introduire son groupe par l'accès principal. L'arrivée des humains provoqua une certaine confusion parmi les boules de poils - heureusement que ces animaux ne faisaient pas beaucoup de bruit - confusion qui fut mise à profit au moment de l'ouverture des cages, pour faire jaillir plus vite les palinous vers l'extérieur des centres.
Comme pour le colorant, la partie la plus risquée de la mission consistait à communiquer les revendications de la Résistance en s'assurant qu'elles parviennent jusqu'à la population apienne : il était hors de question de laisser les autorités de la planète faire passer l'opération pour un accident. La présence des palinous compliquait la situation, car elle pouvait alerter trop tôt les milices civiles et l'armée.
Owen faisait équipe avec Neals Pereira et Anna Sandust, deux commandos expérimentés qui avaient également participé à la libération du groupe d'esclaves auquel avait appartenu Joune Daryn. Les deux militaires connaissaient leur affaire, l'opération suivait son cours sans heurt depuis un long moment et le jour ne tarderait pas à poindre, quand ils arrivèrent à la hauteur d'une ferme tenue par un humain libre, en bordure d'agglomération. Pereira finissait de taguer les revendications sur le mur d'une gare d'aérotrains lorsque le fermier, qui les avait identifiés comme étant membres de la Résistance, sortit et les apostropha :
« Qu'est-ce que vous faites là, vous autres ? cria-t-il. Vous voulez nous attirer des ennuis ? Vous ne pouviez pas rester tranquillement là où vous vous étiez terrés pendant toutes ces années ?
- Baissez d'un ton ! ordonna Sandust. Vous allez faire rappliquer les militaires.
- J'espère bien qu'ils vont rappliquer ! rétorqua l'homme. Nous n'avons pas besoin de vous : les humains s'en sortent bien sur Ape, en fin de compte.
- Allez dire cela aux esclaves qui sont maltraités jour après jour ! lança Owen, furieux. Vous n'avez jamais dû être esclave pour dire une chose pareille ! »
L'homme les considéra un instant sans rien dire. Les paroles d'Owen avaient en partie fait mouche, et le fermier ne savait plus quelle contenance prendre.
À cet instant, un groupe de palinous récemment libérés s'aventura dans la rue. Guidés par la faim, ils
prirent au petit galop la direction des champs, sous le regard médusé du fermier. Sa surprise se transforma rapidement en frayeur quand il s'aperçut que les herbivores dévoraient allègrement ses cultures. Il se précipita vers son champ.
« Allez-vous-en ! Sales bêtes ! Fichez-moi le camp, s'écriait-il. Vous allez ruiner toute ma récolte !
- Nous aussi, nous ferions bien de mettre les voiles, grimaça Pereira. Cet idiot va rameuter tout le
quartier. »
Les trois résistants filèrent. Il n'était plus question de revendications, à présent, et ils prirent la
direction de la barrière climatique nord.
Las ! Le mal était fait. Ils étaient déjà à quelques distances lorsqu'une patrouille de la milice civile
interpella le fermier pour s'enquérir de la raison de ses cris.
« Les palinous ! expliquait le fermier, il y a une quinzaine de palinous en train de dévorer mes cultures ! »
L'un des miliciens vit l'inscription faite par Pereira sur le mur de la gare et la montra à son supérieur. Elle disait :

LES PALINOUS SONT UN AVERTISSEMENT !
LIBÉREZ LES HUMAINS !
Le chef de patrouille jura, puis s'adressa au fermier en bascom :
« Avez-vous vu qui a tagué cette inscription ? demanda-t-il.
- Pourquoi ?
- Ce sont eux que vous pouvez remercier : on dirait qu'ils ont lâché des palinous en ville.
- Ce sont des résistants, ils étaient trois, une femme et deux hommes. Ils sont partis par là » ajouta-t-il
en montrant du doigt la direction prise par le groupe d'Owen.
Il n'en fallut pas plus aux miliciens. Tout en avertissant leur opérateur radio, ils suivirent la route
indiquée au pas de charge.

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